Développer ses affaires en contribuant à l’essor d’une région

Le mot « apartheid » vient aussitôt à l’esprit lorsque l’on parle de l’Afrique du Sud. Mais cette politique d’exclusion de la majorité noire de la population a été abolie il y a 20 ans. Malgré des problèmes de pauvreté répandus et un taux de chômage élevé, le pays parvient à tirer son épingle du jeu et est considéré comme performant du point de vue économique. À cheval entre les pays industrialisés et les pays plus démunis de la région subsaharienne du continent, l’Afrique du Sud offre les avantages d’un milieu libéralisé et démocratique pour conduire ses affaires, en plus de proposer un éventail de besoins qui demandent à être comblés. Au-delà de la coopération et de l’aide au développement, il est possible d’y tisser de véritables relations d’affaires, d’autant plus que l’anglais est la langue administrative du pays, ce qui contribue grandement à faciliter les échanges.

Les points forts

Plusieurs facteurs contribuent à la stabilité macroéconomique du pays : un PIB enviable, un indice de croissance soutenue (en moyenne 5 % depuis les 10 dernières années), une gestion des finances publiques conservatrice et saine. On dit de la région qu’elle est le moteur économique du continent en raison de ses marchés diversifiés. La position avantageuse de l’Afrique du Sud, géographiquement et économiquement, en fait une porte d’entrée par excellence vers les marchés de l’Afrique dans son ensemble. Plus du tiers des exportations du Québec vers le continent africain sont d’ailleurs destinées à l’Afrique du Sud.

Le fleuron de l’Afrique australe possède une quantité abondante de ressources naturelles (or, charbon, platine, gaz naturel) ainsi que les infrastructures modernes nécessaires (tant politiques que structurelles) pour en tirer profit. Les réseaux routier et ferroviaire desservent l’ensemble du territoire, et les aéroports et les ports fluviaux sont tout aussi performants. L’industrie minière constitue un des piliers économiques du pays, de même que le secteur de la construction automobile qui est responsable à lui seul de 10 % du volume des exportations.

Selon Exportation et développement Canada, les secteurs les plus prometteurs pour les exportateurs québécois sont :

  • L’agroalimentaire (le porc, la volaille, le malt, ainsi que d’autres produits alimentaires figurent déjà sur la liste des exportations québécoises vers l’Afrique du Sud);
  • Les technologies de l'information et des télécommunications;
  • Les services et technologies en lien avec l’exploitation minière ou pétrolière;
  • Les transports (aéronefs, bateaux, transport en commun, etc.); Bombardier Transport possède d’ailleurs un établissement de services agréés et d’entretien en ligne à Johannesburg.

 

À ces quatre secteurs prioritaires, on peut ajouter les produits et les services destinés à la construction et à l’énergie. SNC-Lavalin profite déjà de la vigueur de ces secteurs et gère présentement les services d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction d’une nouvelle usine de production d’ammonitrate, dont l’achèvement est prévu pour 2011.

Les défis particuliers du pays

Le potentiel de croissance pour cette région est élevé, car de nombreuses zones demeurent peu développées en raison des problèmes de pauvreté qui persistent. Afin de pallier certaines lacunes entourant les infrastructures sanitaires, les aqueducs et l’accès au logement pour les populations défavorisées, le gouvernement a lancé il y a cinq ans un vaste programme d’investissements publics et de dépenses sociales. Ces efforts ont été décuplés depuis le ralentissement économique qui a sévi à l’échelle mondiale en 2008. À l'instar de presque tous les pays, les autorités ont investi dans des projets de construction d’infrastructures indispensables, et 8 milliards $US ont été injectés dans les transports (amélioration de l’infrastructure ferroviaire, agrandissement des ports, construction de pipelines). Quatre grands centres urbains sont considérablement développés – Pretoria, Johannesburg, Le Cap et Durban –, mais le boom de construction d’infrastructures en cours n’est pas restreint à ces villes.
En plus d’un taux de chômage fort élevé (près du quart de la population est sans travail) et d’inégalités socioéconomiques non résolues depuis l’abolition de l’apartheid, la nation arc-en-ciel connaît d’autres problématiques qui constituent autant d’occasions d’affaires pour les entreprises qui œuvrent dans les domaines concernés.

Matériel et services d'énergie électrique

Le pays traverse depuis 2007 une crise en matière d’approvisionnement en électricité. Eskom, le fournisseur principal de l’État, prévoit investir dans de nouvelles infrastructures afin de répondre à la demande grandissante. L’entreprise électrique estime avoir besoin d’augmenter de 20 GW sa capacité d’ici 2020, ce qui pourrait signifier la construction d’une troisième centrale électrique d’ici 2017. La Banque mondiale est aussi impliquée dans le développement des infrastructures énergétiques par le biais de son programme Renewable Energy Market Transformation. Les entreprises québécoises spécialisées dans les énergies renouvelables ainsi que l’énergie nucléaire auront ainsi amplement d’opportunités de collaboration.

Problèmes de violence

Les inégalités qui subsistent et les problèmes de pauvreté sont en partie responsables du taux de criminalité plus élevé que la moyenne. Les sombres données à ce sujet peuvent toutefois se traduire par des possibilités d’affaires intéressantes pour les compagnies du secteur de la protection et de la sécurité. Les autorités sud-africaines avaient d’ailleurs investi massivement dans ce secteur afin de renforcer la présence policière en vue du tournoi de la Coupe du monde de football, et ils ont ainsi enregistré une diminution notable des meurtres (baisse de 8,6 %) et des agressions sexuelles (baisse de 4,4 %) pour 2010.

VIH/sida : un fléau

On ne saurait parler de l’Afrique du Sud sans toucher un mot du VIH/sida, qui atteint un adulte sur cinq (taux de prévalence de 18 %) et en fait le pays le plus contaminé au monde. Ces tristes statistiques se traduisent par des besoins criants en santé. Le gouvernement a d’ailleurs lancé, en 2010, une campagne massive de prévention et de traitement du VIH/sida. Les autorités du pays ont affecté un milliard de dollars à la lutte contre le VIH, afin de financer les tests de dépistage ainsi que les traitements antirétroviraux. Cela signifie donc une myriade de possibilités pour les entreprises œuvrant dans le secteur de la santé ou de la pharmacologie.

Sources : Ministère des Affaires étrangères et européennes de la République française (www.diplomatie.gouv.fr); ministère des Affaires étrangères et du Commerce international