Depuis quelques années, plusieurs facteurs contribuent à faire de la Chine un partenaire de plus en plus attrayant pour les exportateurs canadiens. En effet, la Chine figure maintenant en deuxième place au palmarès des pays importateurs mondiaux, et ce, malgré le fait qu’elle se classe au premier rang des exportateurs. Cela est attribuable en partie au fait que, chaque année, une part importante de la population accède à la classe moyenne, signifiant du même coup qu’elle adopte le statut de « consommateur ». Pour un pays ayant une population aussi significative, cela peut se traduire par des affaires en or pour quiconque parvient à devenir fournisseur pour celui-ci.

Les données statistiques pour le Canada appuient cette croissance significative : en 2011, les exportations canadiennes vers la Chine se sont accrues de près de 27 % et ont atteint un sommet de 17 milliards de dollars. Un des facteurs ayant contribué à cette croissance est l’initiative de la Porte et du Corridor de l’Asie-Pacifique promulguée par les instances gouvernementales du Canada et de la Chine afin de faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays. Un réseau de transport efficace relie à présent le Canada à la Chine et des investissements dans les infrastructures sont prévus afin de maintenir cette position avantageuse. Cette initiative assure de plus la croissance économique des deux partenaires, puisque la Chine nécessite des ressources naturelles en grande quantité afin d’approvisionner ses manufactures dont elle tire sa prospérité, tandis que le Canada s’avère un producteur incontournable de bois d’œuvre, de minerais, de produits agroalimentaires ainsi que de produits à haute valeur ajoutée.

 Les secteurs les plus prometteurs

Le Service des délégués commerciaux du Canada cible les secteurs suivants comme étant les plus prometteurs pour le marché chinois :

  • l’industrie automobile;
  • les technologies environnementales;
  • les matériaux de construction;
  • les métaux et minéraux;
  • l’aérospatiale et la défense;
  • l’agriculture, les aliments et les boissons;
  • l'énergie électrique;
  • les technologies de l'information et télécommunication;
  • le transport.

L’industrie automobile constitue un des piliers du secteur manufacturier chinois. Les données pour 2011 indiquent d’ailleurs que les ventes intérieures de véhicules ont atteint 18,5 millions d’unités, dont les trois quarts étaient des voitures particulières. Ces chiffres, qui n’incluent même pas les véhicules manufacturés pour l’exportation, certifient que la Chine constitue le plus gros marché automobile au monde. 

Des multinationales réputées telles que Volkswagen, General Motors, Citroën et Honda détiennent des usines de production en Chine, et les entreprises locales Chery Auto, Great Wall Motors, Geely Auto et BYD Auto raflent aussi une part importante du marché. Les préoccupations principales de l’industrie touchent présentement les systèmes de sécurité (coussins gonflables, ceintures), les nouveaux matériaux (tissus chauffants, matériaux composites) ainsi que les technologies environnementales limitant la consommation d’essence.  

Les technologies environnementales figurent parmi les secteurs prioritaires de la Chine, qui subit les contrecoups de son développement industriel fulgurant et de son urbanisation rapide. La pollution et le gaspillage de ressources ont fait des ravages considérables dans les zones urbaines et rurales, de sorte que le gouvernement a mis sur pied des mesures pour réduire les impacts environnementaux de son activité industrielle intensive. Des analyses évaluent que les investissements dans les projets environnementaux accapareront 7 % du PIB d’ici 2015. La R et D dans ce domaine se consacrera principalement au contrôle des risques, à la décontamination, à la gestion des déchets dangereux, aux énergies renouvelables et à l’assainissement de l’air.

L’importance accordée à l’environnement se perçoit aussi dans d’autres sphères économiques, puisqu’on remarque une forte demande pour des matériaux de construction durables ainsi que pour des dispositifs permettant d’économiser l’énergie. Le boum immobilier que connait le pays depuis dix ans ne semble pas vouloir s’essouffler, et la moitié des édifices qui seront construits au monde d’ici 2020 seront érigés en Chine, ce qui représente un marché significatif. Pour l’instant, les ménages sont responsables pour environ le tiers de la consommation énergétique annuelle en Chine, mais ce chiffre pourrait grimper si des efforts soutenus ne sont pas accomplis pour renverser la vapeur. De nombreux paliers de gouvernements ont ainsi pris le taureau par les cornes en instaurant des programmes, des incitatifs et des politiques pour augmenter l’efficacité énergétique des constructions. Ainsi, toutes les technologies en lien avec la conservation de l’électricité (fenêtres à haut rendement, isolation supérieure, ampoules DEL performantes) connaitront un succès assuré.

L’industrie des minerais et de l’extraction minière constitue une autre pierre angulaire de l’économie chinoise. Les ressources minérales du pays comptent pour 12 % des réserves mondiales, mais celles-ci sont difficilement exploitées. Cela signifie donc que le pays importe une grande quantité de minerais (fer, manganèse, aluminium, cuivre, plomb, zinc, souffre et phosphore) pour répondre à la demande croissante des industries manufacturières, mais cherche aussi des solutions pour mieux exploiter ce qui se trouve sur son territoire. Le Québec, qui possède de grandes compétences en cette matière, pourrait très bien mettre son savoir-faire en valeur ici.

Comment percer le marché chinois

L’étude sino-canadienne sur les complémentarités économiques du Canada et de la Chine explique plus en profondeur de quelle manière les entrepreneurs canadiens peuvent saisir des occasions d’affaires dans les marchés ciblés, tout en identifiant les contraintes qui existent actuellement pour les investisseurs. Parmi les freins aux échanges, le rapport note que : « Certaines préoccupations au sujet de la protection de la propriété intellectuelle, des normes et des exigences de certification, tout comme le maintien de certains droits de douane, peuvent limiter l’accroissement du commerce bilatéral […] . »

Pour contourner ces obstacles, les entrepreneurs ont tout intérêt à bien s’entourer et se documenter. Exportation et développement Canada offre de nombreux services aux entrepreneurs désireux de s’attaquer au marché chinois et propose une publication gratuite intitulée Faire affaire en Chine qui contient une multitude d’informations pertinentes. Les stratégies primées comprennent :

  • apprendre à connaitre le marché (s’informer au sujet des réseaux de distribution, des prix, des produits disponibles);
  • faire preuve de prudence et vérifier la crédibilité des partenaires potentiels;
  • trouver un partenaire ou un agent local;
  • tenir compte des disparités et des différences culturelles qui existent en Chine, même au sein d’une même région, et adapter le produit en conséquence s’il y a lieu;
  • participer à des missions commerciales et rencontrer les partenaires potentiels en personne.