En 2010, en adoptant son tout premier code du bâtiment écologique, la Californie ouvrait la marche à une foule d’initiatives « vertes » qui n’ont cessé de teinter depuis le portrait du marché de la construction dans l’ensemble des États-Unis. Parmi les mesures qui ont vu le jour, certaines prévoyaient que les nouvelles constructions gouvernementales soient certifiées LEED, d’autres accordaient des incitatifs et des crédits d’impôt aux entrepreneurs en construction écologique. Des villes importantes, comme Las Vegas, ont aussi mis des programmes sur pied pour encourager la construction ou la rénovation écologique (par exemple le Green Building Program).

Ces nouvelles politiques sont largement tributaires de l’intérêt grandissant accordé aux changements climatiques, mais aussi des couts énergétiques qui ne cessent de croitre. Outre les économies potentielles, un autre facteur qui entre désormais en ligne de compte pour expliquer l’essor du marché de l’écoconstruction est le fait que les bâtiments verts soient considérés de meilleure qualité, ce qui peut constituer un atout pour la vente, surtout à la suite du dégonflement du secteur immobilier qui a sévi au cours des cinq dernières années. L’American Recovery and Reinvestment Act de 2009 – qui comprenait justement des mesures pour stimuler l’économie à la suite de la récession – allouait pas moins de 4,5 milliards de dollars pour convertir les édifices gouvernementaux en infrastructures écoénergétiques performantes. Vingt-quatre bâtisses ont depuis obtenu une certification LEED, celles-ci ayant notamment investi dans des toits verts, des planchers radiants et des pare-soleils.

Qu’est-ce qu’une écoconstruction?

La construction durable – ou écoconstruction – englobe les projets de construction, d’aménagement ou de rénovation qui tiennent compte de l’environnement en utilisant judicieusement les ressources tout au long du cycle de vie de l’édifice. Cela se traduit notamment par l’installation de systèmes qui économisent l’énergie et l’eau, de même que par l’utilisation de matériaux non nocifs pour la santé et l’environnement (peinture et colle sans COV, par exemple), sans oublier le recours aux ressources naturelles et renouvelables (bois ou pierre, au détriment du plastique). Le programme LEED agit comme une certification de tierce partie indépendante en attestant que les édifices étiquetés « verts » sont effectivement écoresponsables. Aux États-Unis, c’est le Green Building Certification Institute qui administre les programmes de reconnaissance de compétences pour les professionnels désirant se faire accréditer LEED.

Les perspectives concrètes

Un rapport récent de la multinationale états-unienne McGraw-Hill Construction estime que l’engouement pour la construction durable pourrait augmenter de 29 à 38 % d’ici 2016. Ces prévisions sont estimées à partir des données de 2011, qui révélaient que l’écoconstruction accaparait 17 % du marché national de la construction aux États-Unis, représentant des investissements de 71 milliards de dollars. Ces chiffres pourraient exploser et atteindre un sommet de 163 milliards de dollars d’ici 2015.

Il n’existe cependant pas de marché global de la construction aux États-Unis, de sorte que quelques régions se démarquent particulièrement en termes de construction écologique. Leur dynamisme est reflété par les différents programmes mis en place ainsi que par leurs réalisations concrètes, c’est-à-dire par les infrastructures « vertes » édifiées sur leur territoire. Les États du Sud-ouest américain (Californie, Nevada, Louisiane, Colorado, Texas, Washington) s’avèrent ainsi les plus prometteurs pour les investisseurs.

Selon le Green Building Opportunity Index de 2011, la métropole San Francisco (CA) conserve sa position de meneuse en termes d’occasions d’affaires pour la construction durable. Cet indice est basé entre autres sur le nombre de projets « verts » en cours ou complétés et sur la présence de politiques ou de stimulants économiques destinés à encourager et à encadrer la construction écologique. Parmi les 10 villes américaines les plus performantes en la matière, on retrouve également Los Angeles et Oakland, signe que l’État californien investit massivement sur de tels projets et constitue un marché de choix pour les entrepreneurs d’ici. De plus, le Code californien du bâtiment (Calgreen), maintenant en vigueur, stipule que les chantiers de construction doivent réduire leur consommation d’eau de 20 % et recycler 50 % de leurs débris plutôt que de les acheminer au dépotoir. Ainsi, tous les produits de construction recyclables susciteront indéniablement de l’intérêt dans cet État.

Dans l’État voisin du Nevada, les perspectives s’avèrent tout aussi intéressantes, puisqu’on y dénombre la plus grande proportion de pieds carrés certifiés LEED par habitant au pays, soit 10,92 pi2. Le Nouveau-Mexique arrive en deuxième avec 6,35 pi2 par habitant. Dans ces deux cas, ce ne sont pas seulement les nouvelles constructions qui contribuent à ce succès, mais aussi tous les projets de rénovation ou de réaménagement, comme ce fut le cas du Sands Expo and Convention Center de Las Vegas, qui a modernisé ses systèmes de ventilation et de chauffage pour obtenir sa certification.

Le site Internet de Global Green USA fournit de nombreux liens permettant d’accéder aux ressources et aux projets de différentes régions des États-Unis. On y indique notamment que le programme Building Blocks for Sustainable Communities, qui outille les communautés afin qu’elles établissent un plan d’action durable, a été mis en place dans huit villes américaines . L’organisme indique également qu’il encadre plusieurs projets de construction écologique à La Nouvelle-Orléans, où le passage de l’ouragan Katrina en 2005 a détruit près de 50 000 habitations.

Accéder à ces marchés

La SCHL a produit en 2002 un document pour aider les entrepreneurs à percer le marché de la construction durable aux États-Unis . Il recommande aux entrepreneurs de s’approprier une part du marché en rendant leurs produits disponibles auprès des distributeurs traditionnels, estimant que « 80 % des constructeurs interrogés souhaitent avoir accès aux produits verts par l’intermédiaire de leur détaillant ou de leur parc à bois local. Il est très rare que les produits de construction soient achetés par catalogue, par la poste ou sur Internet. » Le document fournit également les coordonnées de nombreuses entreprises ou organismes intéressés par l’écoconstruction. De plus, la brochure insiste sur l’importance de prendre part à diverses foires et expositions, particulièrement les salons de l’habitation.

Adresses utiles :

U.S. Green Building Council

Green California

Sources : EDC; Affaires étrangères et Commerce international Canada; U.S. Green Building Council – Texas Gulf Coast Chapter; Green Building Certification Institute; United States Environmental Protection Agency; Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), 2002, « Conseils pour vendre dans le marché de la construction écologique aux États-Unis ».