La responsabilité sociale et environnementale constitue désormais un enjeu stratégique majeur pour les entreprises. D’ailleurs, beaucoup de grandes entreprises ont intégré le développement durable à leur structure organisationnelle depuis l’adoption, par le gouvernement du Québec en 2006, de la Loi sur le développement durable. De plus en plus de petites et moyennes entreprises leur emboîtent le pas, car l’implantation d’une telle stratégie peut parfois engendrer des économies substantielles.

En matière de développement durable, Transport Robert mène la marche puisqu’un volet « environnement » fait partie intégrante de sa culture d’entreprise depuis le milieu des années 1990. « En voulant être un bon citoyen corporatif, Transport Robert a investi beaucoup dans la R et D afin de trouver des solutions adaptées à son marché », confirme Jean-Robert Lessard, vice-président markéting chez Groupe Robert inc.

Qui dit transport dit… carburant

Plusieurs ajustements ont été apportés au fil des ans aux 1100 camions de la flotte de la compagnie afin de diminuer ses émissions polluantes ainsi que sa consommation d’essence. Par le biais de campagnes de sensibilisation auprès de ses employés et d’incitatifs divers, l’entreprise s’est tout d’abord attaquée au gaspillage en lien avec l’utilisation du moteur lorsqu’il tourne au ralenti. « Nous avons installé des génératrices à bord des cabines afin que les chauffeurs au repos bénéficient de chauffage ou d’air climatisée sans faire fonctionner le moteur. Nous sommes ainsi passés d’une consommation de 3,75 litres de diesel à l’heure à seulement 1 litre à l’heure », explique M. Lessard, qui souligne que cette nouvelle façon de fonctionner réduit également l’usure du moteur et permet du coup de rentabiliser plus rapidement les importants investissements initiaux liés à cette mesure.

Chaque petit pourcentage épargné sur la consommation d’essence peut se transformer en bénéfices monétaires pour la compagnie, qui estime acheter 48 millions de litres de diesel annuellement. Les ingénieurs au département de R et D ont ainsi trouvé une autre façon innovatrice de réduire de 3 % à 4 % la consommation de carburant de ses véhicules : ils ont développé des « jupes » aérodynamiques en matériau composite qui sont fixées sur le camion afin de contribuer à la déflection du vent. « Nous nous inspirons aussi beaucoup des avancées technologiques européennes en matière de transport », souligne M. Lessard, en parlant notamment des pneus à bande large installés sur les véhicules et qui génèrent une réduction de l’ordre de 3 à 5 % à la pompe.

Une inspiration pour d’autres entreprises

M. Lessard reconnait que les efforts déployés par Transport Robert peuvent à leur tour inspirer d’autres transporteurs québécois et canadiens, d’autant plus que le comportement responsable de l’entreprise ne se reflète pas uniquement dans sa consommation d’essence. « Notre commerce génère toutes sortes de résidus, dont des palettes de bois, des huiles usées, des agents nettoyants, des pièces, etc. » Tout ce qui peut être recyclé est pris en charge par la compagnie, qui opère même la division Broyage de bois BBI inc. afin de venir à bout des palettes excédentaires chez les clients de leur réseau en les transformant en copeaux, en paillis ou en brin de scie. Par l’entremise de ses centres de formation, Transport Robert parvient à transmettre ses valeurs aux chauffeurs, qui sont tous incités à adopter des pratiques exemplaires : réduction de la vitesse (certains camions sont réglés de manière à ne pas dépasser 90 km/h), départs et arrêts moins abrupts, dépassements limités. À l’aide de la technologie Isaac Instruments, les gestionnaires de flotte surveillent la vitesse, la façon de conduire et l’horaire de travail des camionneurs afin de mieux les encadrer. « Le bien-être de nos employés nous tient à cœur. Les mesures responsables qui sont préconisées servent aussi à sauvegarder leur santé et leur sécurité », fait valoir l’homme d’affaires tout en mentionnant que les chauffeurs qui roulent trop vite et ne prennent pas suffisamment de repos vivent davantage de stress. Transport Robert contribue ainsi au volet « humain » en offrant à ses employés un milieu de travail sain.

Toutes ces stratégies nécessitent des investissements considérables. Dans le cas du système de gestion Isaac, plus de 1 M$ ont été investis, dont environ la moitié a été subventionnée par le gouvernement fédéral. Certains changements requièrent également beaucoup de temps à mettre en place, comme ce fut le cas pour la nouvelle acquisition du Groupe Robert qui possède désormais 185 camions fonctionnant au gaz naturel liquéfié. « Ces nouveaux camions émettent 25 % moins de gaz à effet de serre et génèreront à terme des économies substantielles puisque le gaz naturel coûte moins cher que le diesel. Mais avant de lancer les camions sur la route, il fallait régler la problématique de l’approvisionnement ! » Plusieurs partenariats et des démarches fastidieuses ont donc été nécessaires pour instaurer des postes de ravitaillement en gaz naturel liquéfié dans le corridor Québec – Montréal – Toronto.

Ceci dit, les investissements durables de la compagnie de camionnage ont des incidences indéniables sur l’image de l’entreprise. Les certifications diverses qu’elle a obtenues et les programmes auxquels elle participe attestent de la performance de l’entreprise et de sa position de chef de file dans l’industrie du transport et dans les pratiques environnementales.